Rwanda - Un pays, un café. Fully Washed Sake 100% Arabica

Quand j’évoque le Rwanda, la première chose dont parle mon interlocuteur est l'horrible génocide qui a eu lieu il y a près de 20 ans et qui a fait 800 000 morts.

Bien que cet évènement tragique soit une grande partie de l'histoire de la nation, il y a peut-être une partie encore plus grande qui réécrit son avenir - l'industrie du café rwandais.

Je vous invite à prendre un instant pour découvrir un peu plus le pays d'où arrivent les grains vers de notre café du moment ; Le café 100% Arabica (Bourbon Kent) fully Washed Sake

C'est où le Rwanda exactement ?

Le Rwanda, surnommé le « pays des mille collines », est un pays d'Afrique de l'Est. Le Rwanda étend ses 26 338 km2 dans la région des Grands Lacs. Il partage des frontières avec, au nord, l'Ouganda, à l'est, la Tanzanie, au sud, le Burundi, et à l'ouest, la république démocratique du Congo. Sa capitale Kigali est située au centre du pays.

Le café et le Rwanda depuis 1900 à nos jours

Quelques dates repèrent et un voyage éclair dans le temps. Vous trouverez en fin d'article quelques sources pour vous abreuver avec plus de détails.

1904 Arrivée des colons allemands

L’histoire du café au Rwanda commence au tournant du XXᵉ siècle avec l’arrivée des colons allemands en 1880. C’est la naissance de l’Afrique orientale allemande qui s'étendait sur les territoires actuels du Burundi, du Rwanda et de la partie continentale de la Tanzanie

Alors que les botanistes allemand envisageait d’étudier la flore locale et donner naissance à institut de botanique, les investisseurs et les planteurs s’emparèrent du territoire afin de la lancer la production à grande échelle de café.

En 1899, ce sont 6,5 millions de plants de cafés qui sont cultivés. De la quantité, mais pas de qualité.

1930 les colons Belges arrivent au Rwanda

Cette volonté de produire du café de qualité moyenne en grande quantité va perdurer bien après l’arrivée des colons allemands.

Le traité de Versailles “transfère” l’actuel Rwanda à l’empire colonial belge. Ce dernier impose aux agriculteurs rwandais de planter une abondance de caféiers. Le Rwanda se verra pris dans le cycle infernal de la moindre qualité entrainant une baisse drastique des revenues A cela s’ajoute l’absence des infrastructures nécessaires pour trier et laver le café sur place et engendrer une perte de valeur conséquente pour les producteurs.

1990-2000 : De l’âge d’or au génocide

Le Rwanda a connu son âge d'or entre 1985 et 1986 lorsque la production du café a atteint 45 000 tonnes, avant d'entamer une chute considérable en 1989. La production s'est effondrée, passant de 28.495 tonnes en 1993 à 14.000 tonnes en 1997.

À la fin des années 2000, le secteur du café rwandais était en faillite. Le secteur était caractérisé par une absence de vision à long terme et de connaissance du marché mondial, de faibles compétences, d'une adoption minimale des technologies et d'un manque de coordination entre les acteurs le long de la chaîne de valeur. Le pays producteur de café se trouvait face à une double contrainte ;

- Des quantités insuffisantes de cerises de café pour attirer une demande significative de la part des acheteurs.

- La qualité du café est insuffisante pour attirer un prix élevé de la part des acheteurs mondiaux.

En outre, les infrastructures vitales du secteur avaient été détruites pendant le génocide de 1994, ce qui a plongé le secteur dans la détresse et a entraîné le retrait des agriculteurs du secteur. Ces difficultés ont directement affecté les recettes d'exportation, ce qui a eu un impact négatif sur la balance commerciale du Rwanda.

Une note du Cirad de 1992 décrit avec précision la situation à cette période :

“Le Rwanda produit 35 000 tonnes de café Arabica classé dans le groupe des "autres doux", de qualité moyenne. Cette production est très importante pour l'économie du pays puisqu'elle représente encore 60 % des exportations. La production est assurée à peu près exclusivement par de petits producteurs dont les parcelles ne représentent que quelques ares et qui, bien souvent, ne produisent que quelques dizaines de kilogrammes de café. Les rendements sont à la baisse et, plus encore, la qualité du produit, en raison du désintérêt de plus en plus marqué des producteurs pour le caféier, fortement concurrencé par d'autres cultures. Du point de vue de l'économie de la ferme, les bananes, divers tubercules et le riz sont d'un rapport parfois très supérieur à celui du café. L'Office des cultures industrielles du Rwanda (OCIR café) domine l'ensemble de la filière en contrôlant les superficies plantées, le réseau des centres de dépulpage, la distribution - gratuite - des plants et des pesticides, le commerce, la qualité du produit, son conditionnement et les ventes. Cependant, ses moyens sont limités ; l'entretien des dépulpeurs et l'approvisionnement en moyens de production ne sont pas assurés de façon satisfaisante. Le café parche est usiné par deux sociétés privées qui sont également exportatrices. Les ventes ont lieu de gré à gré, à un très petit nombre de clients étrangers "traditionnels", suivant un système peu concurrentiel, mais dont le fonctionnement est sans surprise. Depuis quelques années, l'OCIR café exporte lui-même et essaie de diversifier sa clientèle. Jusqu'à présent, le prix versé au planteur était stabilisé et fixé pour chaque campagne. La rémunération de chaque intermédiaire était garantie suivant un barème, l'échelle mobile. Afin de dynamiser le secteur café qui est en perte de vitesse, mais qui demeure le plus important pourvoyeur de devises du pays, l'état a décidé la mise en œuvre d'un projet filière café prévoyant l'organisation des producteurs, la suppression du système de rémunération stabilisée, la libéralisation de l'approvisionnement en intrants et du dépulpage des cerises, l'instauration d'un système de ventes à l'exportation par enchères, l'amélioration du professionnalisme de l'ensemble des opérateurs et la conversion de l'OCIR en organisme privé de coordination et de promotion. Un projet pilote de préparation doit démarrer dès 1992, avec l'appui de la CCCE. (Résumé d'auteur)”

2000 Culture du café de Spécialité

Alors que la situation semble désespérée, en 2002, est entrée en vigueur la « National Coffee Strategy », programme en partenariat avec des géants de l'industrie, tels que Starbucks, fondé sur une réduction des taxes à l'exportation et une augmentation des subventions aux producteurs. Résultat : le prix de l'élixir a doublé pour les petits producteurs locaux depuis 2003, une livre de café rwandais valant aujourd'hui 45 cents de plus que le prix de référence mondial.

2020 L’un des meilleurs “Bourbon” au monde

Après avoir organisé un grand évènement en 2008 qui a fait connaitre la variété Bourbon au monde, le Rwanda est reconnu pour offrir un café de qualité parmi les meilleurs sur la planète.

Fait souvenu méconnu, Hutus et Tutsis travaillent côte à côte à la culture du café, ce qui contribue au processus de réconciliation entre les deux ethnies. La stratégie de montée en qualité initiée par les dirigeants du pays porte ses fruits.

En cultivant du café de spécialité, les agriculteurs et les coopératives rwandais ont réalisé des bénéfices depuis plus de 10 ans maintenant. En 2000, la première coopérative de café du Rwanda gagnait environ 0,20 dollar pour un kilo de café de qualité ordinaire. Aujourd’hui, la même coopérative a gagné 3,50 dollars par kilogramme. Les bénéfices réalisés par ces producteurs de café rwandais leur ont permis d'envoyer leurs enfants à l'école, de construire de nouvelles maisons et de réinvestir dans leurs propres plantations.

Les histoires d’amour finissent bien, en général

Chez Bibal, nous sommes “tombés” amoureux d’un café produit à l’est du pays dans la région du lac Sake. Un Bourbon Kent dont la production est exclusivement gérée par des femmes.

En prenant la décision de torréfier ce café et en vous le proposant, nous participons à notre modeste échelle à l’amélioration des conditions de vie des femmes au Rwanda.

Découvrez-le ici et profiter en exclusivité de ce café en quantité limitée avec le code promo WBDFPY8V

 

 

Pour aller plus loin...

https://www.rfi.fr/fr/podcasts/afrique-%C3%A9conomie/20201221-le-rwanda-d%C3%A9veloppe-le-e-commerce-pour-r%C3%A9duire-le-d%C3%A9ficit-commercial

https://www.latribune.fr/journal/edition-du-1008/politique-internationale/1022257/le-cafe-reveille-l-economie-du-rwanda.html

https://journals.openedition.org/etudesrurales/8553

http://ipsnews.net/francais/1998/11/27/economie-rwanda-baisse-de-la-production-du-cafe/

http://agritrop.cirad.fr/509499/

https://www.persee.fr/doc/caoum_0373-5834_1980_num_33_132_2953

http://www3.weforum.org/docs/Manufacturing_Our_Future_2016/Case_Study_14.pdf

https://fr.wikipedia.org/wiki/Afrique_orientale_allemande

Ecrit par Joselito Tirados

Afficher tous les articles

Qu’est-ce que le cupping du café

Cela fait maintenant plus de six mois que je suis plongé au quotidien dans l’univers du café.La semaine dernière alors que j’étais en train de réf...

Qu’est-ce que le cupping du café

Cela fait maintenant plus de six mois que je suis plongé au quotidien dans l’univers du café.La semaine dernière alors que j’étais en train de réf...